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    Arrivée au soleil. Mille kilomètres entre nous. Vent en rafales. Végétation verte, jaune et rousse. Couleurs d’automne. Poires d’hiver en pleine croissance. Un couple de milans plane en cercles descendants ininterrompus. Les bûches de bois pour l’hiver s’amoncellent en tas réguliers. Quelques frêles cosmos mauve offrent leurs ultimes corolles. Les dernières petites marguerites blanches disputent le terrain aux autres fleurs jaunes ou orange. Un chat traverse en courant l’espace découvert entre deux haies. Des rosiers aux tiges turgescentes s’apprêtent à lancer leurs tardives floraisons. Au loin des bruits mécaniques. Une voiture approche et continue sa course sans marquer d’arrêt. Le soleil décline doucement. L’air si doux il y a un instant se charge de fraicheur. Il est temps de rentrer.

    Déjà une semaine d’un rythme différent. Pas encore de sorties ou de vadrouilles programmées. J’ai besoin de me poser. De me laisser aller sans bouger.

    Pas de télévision. Je plonge dans la bibliothèque au hasard ou presque. Des livres écrits il y a quelques temps. Pas de nouveautés de la dernière ou même de l’avant-dernière saison littéraire. Juste des ouvrages à lire tranquillement sans être dans la bousculade d’une vie où le boulot occupe plus de temps que la lecture.

    Promenade dans le jardin. J’aimerai tellement la faire avec JL, mon cousin préféré et aimé qui est en ce moment loin, ailleurs.

    Lecture. Déjà lu trois livres en quatre jours ! Cela fait une éternité que ce rythme ne m’était pas arrivé. Mais je ne tiens pas à établir un record. Un démarrage rapide ne préjuge pas de la suite en ce domaine.

    Et puis je prends aussi le temps de vous écrire, de préparer ce post à l’avance. Ma connexion internet est une petite vitesse téléphonique. Donc je compose hors ligne et je pose tout d’un bloc en ligne ! Le plus vite possible pour éviter la déconnexion intempestive. Car je suis dans un petit village, d’une vingtaine d’habitants, posé à 450 mètres d’altitude entre mer et montagne. La ligne aérienne du téléphone est ballotée par le vent. Seule consolation, si ce lien avec le monde se rompt, je verrai débarquer le technicien des téléphones. Et c’est le seul beau mec, athlétique, coupe en brosse très courte, peau halée et très aimable de 35 ans qui soit comestible à la ronde. Mais ne rêvons pas, la ligne téléphonique est toujours en place et je ne suis même pas sûr qu’il soit disponible pour autre chose que des télécommunications ! (...une mauvaise pensée me vient : et si j’arrachais la ligne... ).

    C’est aussi pour ces raisons bêtement techniques que lire vos blogs et y répondre est toujours une aventure qui n’a pas fatalement de happy end ni l’inverse non plus. En revanche on est sûr de la lenteur... 

    Voici mes lectures de ces derniers jours.

    Les quatre vérités, David Lodge, Ed. Rivages.

    Est-il encore nécessaire de présenter David Lodge de Birmingham ? Depuis 1987, essais critiques, romans, théâtre, jalonnent la vie de cet écrivain, ancien prof de littérature anglaise, qui est traduit et reconnu dans le monde entier.

    « Les quatre vérités », au départ une pièce de théâtre à 4 personnages. D. Lodge reprend sa pièce et la transforme en une « Novella », une œuvre romanesque, pleine de dialogues. Le pari est réussi. A qui l’auteur veut-il dire ses quatre vérités. Adrien, écrivain d’un premier succès et qui malgré ses autres livres, n’arrive pas à la gloire du premier. Eleanor, sa femme qui le supporte mieux depuis qu’ils se sont retirés à la campagne et dont la poterie est une nouvelle source de joies. Sam, ami depuis l’université du temps de leur trio et qui est un scénariste riche et à succès. Fanny Tarrant, jeune journaliste culottée aux dents longues, aux articles acides et aux interviews sans concession. Quelles vérités, nouvelles ou anciennes, vont surgir en cascade après une chronique féroce sur Sam.
    D. Lodge avec son style brillant, fluide, vivant et souvent drôle, nous entraine dans les histoires individuelles et collectives de ses personnages et montre le conflit entre littérature et exigences médiatiques.

    Les Mérovingiennes 486-714, Roger Xavier Lantéri, Ed. Perrin.

    Sur 250 pages réparties en 39 récits, cet enquêteur de l’histoire du Moyen-Age, revisite pour nous une période injustement méconnue et sur laquelle on a dit des tonnes de bêtises, voire des énormités. En plusieurs chapitres courts au style vif et non dénué d’humour, Lantéri nous convie à rencontrer ces femmes qui avaient autant d’importance que les hommes, maris, et oncles, de leurs temps. Il nous montre le politique, comme le quotidien, le public comme le privé, le pouvoir civil et le pouvoir religieux, les fiançailles et la polygamie, le mariage et le divorce, les lois, us et coutumes, à la guerre, au quotidien, en amour, en religion, en fêtes, en danses, en chorales, en couches, en folle, en sainte, en femmes de pouvoir. Ces femmes que l’on découvre, à travers la grande histoire et les anecdotes pittoresques, comme les piliers fondateurs de notre histoire. Une société qui va amalgamer les peuples de cette Gaule multi ethnique et dont le langage est un joyeux mélange du sud, du nord et de l’est. Ces femmes, reines, moniales ou ordinaires, jeunes ou vieilles qui traverseront cette période si riche en transformations pour l’économie, la façon de penser, d’apprendre et de vivre. Ces tranches de vies racontées parfois par elles-mêmes, sont un bonheur de découverte. Au passage, un certain nombre d’erreurs historiques est mis à mal et la vérité remise en selle !

    (Cf aussi : La femme aux temps des cathédrales de Régine Pernoux, ouvrage plus ancien.)


    Place de Sienne, coté ombre, Fruttero & Lucentini
    (Carlo Fruttero & Franco Lucentini), Ed. du Seuil, coll. Points.

    Voici une étrange histoire qui a pour cadre la célébrissime et colorée fête (compétition) du Palio sur la Place du Campo à Sienne en Italie. Celui qui connaît cet affrontement séculaire y retrouvera l’explosion des émotions et des couleurs qui agitent toute la ville pendant trois jours. Celui qui découvre cette fête aura une idée très juste de l’événement servie par une écriture alerte, prenante, émaillée de drôleries posées dans des parenthèses qui ne nuisent en rien au rythme et au récit. Et le récit : l’aventure d’un couple en vacances et pour lequel ce repos commence par un désastre météo qui vont les détourner de leur première destination pour les conduire dans une grande et étrange demeure où les maitres des lieux et leurs invités cultivent un on ne sait quel mystère. A travers le Palio, ses secrets, ses rites, ses règles, ses intrigues de jockeys, ses luttes pour des quartiers vivants ou quartiers morts, quelles vérités attendent notre couple, où l’amour, la vie, la mort, le passé, le présent, deviennent inextricables.

    Prochain post à une date ultérieure... Bisous à tout le monde...

    mis en ligne 20:35


  • Commentaires

    1
    Vendredi 13 Octobre 2006 à 22:14
    Cela ce sont des vacances lire 4 livres effectivement !!!! cela fait un bon moment que je n'ai plus eu cette boulimie litteraire.., mais le premier que tu cites d eLOdge c'est un bon bouquin, c'est vrai..les autres j'irai voir au vrigin !!
    PS Curiosité de ma part !!! si je peux 1000 km on est dans le sud ok ...mais sud est sud ouest ....,,, ?? Bon je sais je suis curieux..mais je suis comme cela euh désoléééééé !! hum !!!
    BONNES VACANCES ET BON REPOS !!
    2
    Dimanche 15 Octobre 2006 à 13:36
    BoSauvage
    Hum! 1000km au sud, des milans qui planent... Aurons-nous droit à un troisième indice?
    Bonne vacances et merci pour les nouvelles.
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