• écriture

    Il m'arrive de suivre des écrivains amateurs (le mot n'est pas juste, en fait) dans leurs joies et leurs souffrances au fil de la plume. On peut lire, donner son avis, proposer des corrections, en bref, s'introduire dans l'écriture de l'autre. Le procédé est ambiguë. Jusqu'où peut-on aller ? Le savoir-vivre doit-il être présent pour nous éviter tout débordement ? Et si débordement il y a, est-ce la sincérité du propos qui nous pousse ?

    Je ne sais absolument pas répondre à ces questions. En fait, j'ai lu le début du bouquin mais impossible de continuer. L'auteur est en panne. Rien de dramatique, les coups d’arrêts sont choses normales. Je me sens frustré de ne pouvoir connaître la suite et c'est mis en moi une mécanique redoutable : chaque fois que je pense à cet ouvrage inachevé, une suite me vient à l'esprit. Jamais la même exactement, mais des suites avec leurs variantes, leurs bifurcations. Toute une construction uniquement en pensée, puisque je n'écris jamais la suite que j'imagine.

    Régulièrement, je pose la question à l'auteur " où en est-on ? ". Vous imaginez sa réponse " je suis bloqué ! ". Ou quelque chose du même genre. Et là une autre mécanique apparaît sournoisement : et si j'écrivais cette suite qui me fait tant défaut ? Je sursaute, comme émergeant d'un mauvais rêve. Il n'est pas question que je vampirise l'auteur. C'est contre mes principes. Sauf que je me méfie des principes. Ils ont l'art de vous enfermer avec de bonnes intentions et l'enfer, aussi, est pavé de bonnes intentions !

    Attendons encore que le géniteur de cette œuvre puisse reprendre la plume.


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